C'est un projet qui est évoqué depuis longtemps aussi bien dans les sphères politiques qu'au niveau des principaux fournisseurs d'énergie en Europe : exploiter l'abondance du soleil présent dans le désert du Sahara pour produire de l'électricité photovoltaïque. Mais ce projet est pharaonique et nécessiterait des investissements colossaux.
Malgré tous ces inconvénients, ce projet pourrait bien être amené à voir le jour car de très grosses entreprises allemandes se sont manifestées afin de devenir investisseur pour cette gigantesque centrale photovoltaïque. Ils devraient créer un consortium baptisé Desertec afin d'étudier la faisabilité et les modalités de ce projet. Il faut dire que les chiffres évoqués ont de quoi faire tourner la tête. En effet, les experts tablent sur un investissement de 400 milliards d'euros. L'Allemagne espère ainsi assoir sa suprématie sur l'énergie solaire dans le monde. L'installation seule de cette centrale pourrait coûter 350 milliards d'euros. Les 50 milliards restant étant attribués à la création d'un gigantesque réseau souterrain qui passerait dans la Méditerranée afin d'acheminer l'électricité produite par les panneaux photovoltaïques. D'après les prévisions, les premiers foyers à bénéficier de cette électricité verte devrait être approvisionné d'ici 2025. Cette gigantesque centrale solaire pourrait alors produire jusqu'à 15% des besoins énergétiques européens !
Voici le détail des entreprises allemandes qui pour l'instant ce sont manifestées pour investir dans ce projet : la Deutsche Bank, E. ON, RWE et Siemens. Une réunion d'information se tiendra le 13 juillet à Munich où sont conviés différents ministères ainsi que des responsables de la Commission européenne et du Club de Rome.
Le président du conseil de surveillance de Muniche, M. Jeworrek, espère que les premiers plans seront près d'ici 2 à 3 ans maximum. Il souhaite également la participation active de l'Espagne et de l'Italie, ce qui semble être en bonne voie. Les pays concernés en Afrique du nord semblent pour l'instant avoir un avis favorable quant à ce projet. Seul point noir : la participation française qui risque d'être quasiment nulle car selon M. Jeworrek, la France compte encore beaucoup trop sur l'énergie nucléaire.
Pour l'instant donc, les signaux sont au vert et les divers investisseurs se montrent enthousiastes. Dans le Sahara, une surface de 300 km sur 300 km suffirait pour couvrir les besoins en énergie de la planète entière. Mais cela ne doit pas occulter les problèmes du réchauffement climatique. Pour M. Jeworrek, ce problème même s'il prendra du temps à être réellement perceptible sera bien plus dangereux que la crise financière que nous traversons actuellement car ce sera l'ensemble du système qu'il faudra revoir et pas seulement un secteur économiques. Les conséquences pourraient alors être bien plus graves. La communauté mondiale commence à peine à réaliser que les enjeux climatiques et écologiques sont énormes. Il est maintenant urgent d'agir concrètement. Ce projet est une piste.
Selon M. Jeworrek, le coût lié aux catastrophes naturelles provoquées par le réchauffement climatique qui pèse sur les compagnies d'assurances augmente de 3 à 4 % chaque année et deviendra impossible à gérer à terme. En 2008, l'indemnisation de ces catastrophes a coûté 200 milliards de dollars aux assureurs.