Le président du Directoire du Groupe CIAT, Francis Guaitoli, a remis à Nicolas Sarkozy un courrier lors de sa visite le 10 septembre 2009 dans les locaux de l'entreprise. Ce courrier cherche à mettre en garde le président de la République sur les effets désastreux que provoquerait une baisse des subventions publiques pour le secteur de la pompe à chaleur. La lettre précise que le Groupe CIAT a beaucoup contribué au développement de la pompe à chaleur en France mais que la baisse prévue des crédits d'impôt dans le budget 2010 risque de compromettre la filière entière. En effet, celle-ci étant encore très jeune, une chute des ventes (constatée dans tous les pays nordiques ayant pratiqué un développement similaire s'appuyant sur des aides publiques) compromettrait l'ensemble de la filière de manière durable avec le risque que celle-ci ne s'en remette jamais.
Le crédit d'impôt qui fonctionne depuis 2007 pour la pompe à chaleur au titre de chauffage utilisant une énergie renouvelable a beaucoup contribué à accélérer le développement de cette filière en France car cela permettait aux particuliers de déduire de leur déclaration fiscale jusqu'à 50% du prix de la pompe à chaleur. 2009 a vu le crédit d'impôt passer à 40% pour ce type de matériel et 2010 ne devrait pas faire exception à la règle avec un crédit d'impôt abaissé à 25% du prix de la pompe à chaleur. La perte de vitesse du secteur s'est déjà ressentie cette année et l'année 2010 ne devrait donc rien arranger.
Selon le président du CIAT, il est anormal que la pompe à chaleur possède un crédit d'impôt équivalent à celui des chaudières à condensation (25%) car c'est une technologie qui rejette beaucoup plus de CO2 dans l'atmosphère que les chaudières. Le malaise est donc réellement présent entre le gouvernement et les fabricants de pompes à chaleur qui accusent l'Etat de se débarrasser de la filière jugée trop coûteuse. Mais Francis Guaitoli va plus loin dans la réflexion en affirmant qu'il y a un problème de logique sur la fixation des taux des crédits d'impôt. En effet, les pompes à chaleur puisant les calories de chauffage dans le sol n'émettent quasiment aucun CO2 et possèdent le même crédit d'impôt que les pompes à chaleur aérothermique (puisant la chaleur dans l'air) qui sont elles plus polluantes.
La demande de soutien de ce secteur est d'autant plus importante que des entreprises comme le CIAT continuent d'investir énormément de capitaux dans la Recherche et Développement pour améliorer les performances des pompes à chaleur existantes. Avec une baisse des ventes, ces recherches, pourtant fondamentales, pourraient tout simplement être abandonnées. Pour exemple, le CIAT a investi 30 millions d'euros sur cinq ans pour développer de nouvelles technologies comme l'utilisation de panneaux solaires thermiques (chauffage et eau chaude) en complément de la pompe à chaleur. Pour le photovoltaïque, les projets sont également nombreux afin d'essayer d'alimenter directement la pompe à chaleur avec l'électricité produite par les panneaux photovoltaïques. En effet, l'avenir de l'énergie dans l'habitat semble inévitablement passer par le couplage de différents appareils à énergies renouvelables pour rendre les habitations (toujours plus gourmandes en énergie) totalement autonomes dans leur consommation.